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Festival Mural

Une prescription pour le musée

11 décembre 2018

Rédigé par Chloé Piché-Tremblay.

Un peu comme quand on fait du sport, quand on admire une oeuvre d’art, on sécrète des hormones qui provoquent un état de bien-être.

Le Musée des Beaux Arts de Montréal et l’organisation des Médecins francophones du Canada se sont alliés, afin de permettre aux participants et à leurs proches de bénéficier des bienfaits de l’art sur la santé. Depuis le 1er novembre 2018, il est donc maintenant possible d’obtenir une prescription pour le musée. Une première à Montréal, voir dans le monde!

Si obtenir une prescription pour le musée est tout nouveau à Montréal, plusieurs initiatives sont présentes dans la métropole depuis quelques temps. On pense notamment au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) qui accueille de façon régulière de jeunes adultes autistes dans le cadre d’un projet d’art-thérapie axé sur l’expression et la reconnaissance des émotions.


« Comme les autistes ont beaucoup de difficulté à décoder les émotions exprimées par les autres, ainsi qu’à reconnaître et à extérioriser leurs propres émotions, nous les aidons à relever ce défi à l’aide des collections du musée et de la création. », a expliqué Stephen Legari, art-thérapeuthe au MBAM, à Le Devoir.

 

Le MBAM offre aussi divers autres programmes adaptés alliant approche thérapeutique et art pour les personnes vivant avec une déficience intellectuelle, des troubles du spectre de l’autisme, des troubles de l’alimentation, la maladie d’Alzheimer et autres.

 


L’art-thérapie est une pratique encore très méconnue. Notre équipe a d’ailleurs eu la chance de discuter de ce type de thérapie et ses bienfaits avec l’art-thérapeute Martine Ashby et l’artiste montréalaise Mirov.

Martine Ashby définit cette pratique comme “une forme d’intervention thérapeutique qui permet l’expression des pensées et des émotions par le biais de la création et de la parole.” Accompagnée d’un ou d’une professionnelle, la personne pourra ainsi “entamer une démarche afin de travailler sur des défis personnels et des préoccupations, développer des stratégies d’adaptation et des mécanismes de défense souples, ainsi que d’accroître son estime de soi”, explique la thérapeute.

Ashby croit qu’il y a certaines épreuves de la vie qui sont plus difficiles à exprimer et que les mots ne suffisent pas. La beauté de l’art-thérapie c’est qu’elle ne se limite pas à l’expression par les mots : “comme l’expression le dit si bien : une image vaut mille mots. J’ajouterais même qu’une image crée un dialogue et c’est dans le dialogue qu’on peut progresser face aux tabous entourant la santé mentale.”

 

 

Plus tôt en 2018, Mirov a monté une exposition intitulée “ART THRPY” à la Galerie Mainline de Montréal. “Quand j’ai monté « ART THRPY, » mon but était de mettre en lumière la dualité au cœur de la relation envers soi : on peut à la fois être notre propre allié le plus puissant, mais également (et surtout) on a le potentiel d’être notre plus grand ennemi, à l’impact le plus destructeur. J’ai voulu offrir un espace immersif qui faciliterait une expérience introspective chez les gens à travers les œuvres ; leur donnant l’option de mettre un pied en dehors de leur routine de pensées, et, qui sait, d’en ressortir plus empowered.”, explique-t-elle.

“Que ce soit à travers mes œuvres dans la rue ou celles en tableau, j’ai toujours envie de provoquer un certain questionnement chez les gens envers leur perception de soi ; faire réfléchir sur la nature de notre dialogue intérieur et les limitations que l’on se donne à nous-mêmes, même s’il s’agit souvent d’automatismes qui se font de façon totalement inconsciente.”, explique l’artiste.


Si une exposition peut avoir un effet libérateur pour le visiteur, il peut en être tout autant pour l’artiste : “créer me permet de mettre en image et de partager mon intérieur, et m’exprimer sur des sujets qui me captivent et qui me font réfléchir. Il y a quelque chose de très libérateur dans le processus d’utiliser son imaginaire pour faire du sens avec la soupe de pensées qui cuit parfois un peu trop longtemps dans notre cerveau!”

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