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Festival Mural

Visite de studio – Mort

4 décembre 2018

Rédigé par Adeline Paradis-Hautcoeur.

Il y a de cela de 10 ans, dans le sous-sol de la boutique La Bête Noire, à Sherbrooke, les fondateurs de MURAL ont rencontré MORT. Ce magasin de bandes dessinées accueillait, à l’époque, des artistes pour peindre sur DUNNY, des figurines de vinyles toujours très populaires dans le milieu du street art.

Le talent de MORT a alors frappés les 4 fondateurs qui ont commencé à suivre de près le parcours de ce jeune artiste. Une collaboration de longue date à alors débutée. En effet, en 2017, MORT fût invité à participer au festival où il a produit sa première murale extérieure officielle. Il a ensuite fait un tour l’année dernière afin d’ajouter sa touche au décor du VIP Mural.

Après plusieurs années à Montréal, MORT est récemment retourné à Sherbrooke pour se consacrer entièrement à sa pratique artistique. Il nous fait aujourd’hui découvrir son studio pour discuter de son parcours en tant qu’artiste.

Tes compositions sortent de l'ordinaire et la quantité de détails est impressionnante. Peux-tu nous décrire tes sources d'inspiration?

Haha! J’ai tellement de sources d’inspiration et c’est sûrement pour ça que j’inclus tellement de détails. Je voudrais pouvoir tout mettre dans une seule œuvre. J’essaie quand même de laisser respirer le tout en me rappelant que parfois ’’less is more’’.

Plus spécifiquement, mes sources d’inspirations principales sont les bandes dessinées datant de la fin des années 80 et du début 90, les graphiques de skateboard de la même période jusqu’au début 2000, les peintures et estampes de la Renaissance, la publicité, les mangas, les cartoons en général, l’esthétique des mouvements de contre-culture, etc. La liste pourrait continuer longtemps!

J’essaie de mélanger le tout pour créer des compositions uniques avec beaucoup d’interprétations possibles et de symboles cachés. Je ne commencerai pas à parler des artistes qui m’influencent et qui m’ont influencé jusqu’ici. Ça serait beaucoup trop long, je suis un total « art geek ».

Quelle est la période de ta vie qui a le plus influencé ton travail?

Chaque période m’a apporté son lot de découvertes et d’influences. Si j’avais à choisir, je penses que ce serait sûrement au début de l’adolescence où tout a vraiment commencé.

Durant cette période, j’ai découvert le skateboard, le hip-hop, le graffiti, le punk et j’ai commencé à les mélanger pour mieux me les approprier. C’était une période stimulante où il se passait tellement de nouvelles choses en si peu de temps. C’est la période où j’ai commencé à m’intéresser à l’art et à réaliser la portée qu’elle a.

Où vas-tu pour t’inspirer et découvrir de nouveaux talents?

On ne va pas se mentir, Instagram a changé la « game ». Sur cette plateforme, je découvre beaucoup de nouveaux talents et de choses inspirantes tous les jours.

Pour l’inspiration, je reste dépendant de ma collection de livres déraisonnablement grande. Le digital ne pourra jamais remplacer ça pour moi. Bien que, j’utilise quand même Tumblr et Pinterest quand je recherche des références spécifiques.  

Ton travail mêle différentes techniques, peux-tu nous expliquer ton processus technique pour arriver à une oeuvre finale?

Je commence toujours par me saturer visuellement avant de commencer à dessiner. Je laisse ensuite mon esprit faire les liens et créer un amalgame d’images et de sens. À ce stade, je n’ai pas de couleurs précises en tête, mais elles viennent ensuite accentuer les éléments que je juge intéressants et quelques fois apporter une couche de symbolisme supplémentaire.

Je commence à peindre seulement à ce moment et j’ai toujours un plan; la partie due au hasard dans mon travail est minime. C’est mon côté obsessif compulsif. Une fois dans l’action, je décide du meilleur médium à attribuer à chaque section. J’alterne principalement entre l’acrylique et la bombe aérosol. Je travaille beaucoup sur des tondos récemment, mais j’aime aussi faire des cut-outs. Je pense pousser dans cette direction avec des compositions étagées dans un avenir proche.    

La question qui tue : pourquoi MORT comme nom d’artiste?

Bonne question! C’est une formulation intéressante. Peut-être que c’est parce que les artistes morts ont plus de succès, haha!

Non, en fait, pour faire une histoire courte, je m’appelais Mort by wolves à l’origine, mais tout le monde m’appelait Mort au quotidien pour faire plus rapide. Alors, j’ai simplifié et raccourci mon nom d’artiste.

Tu es l'un des rares artistes québécois à ne pas vivre dans la belle métropole, comment trouve-tu cette dynamique?

Rare? On peut voir ça comme ça. En tout cas, c’est un rythme différent. J’en avais besoin. M’éloigner de la ville m’a permis de respirer un peu, littéralement et financièrement. Je voulais me concentrer sur mon travail et réduire les distractions. C’est une phase, je compte revenir dans la métropole dans un avenir pas si lointain. Malgré tout, je suis fréquemment à Montréal pour des projets ou pour visiter des expos.   

Tu as participé au festival MURAL en 2017 avec la création d'une oeuvre de grande envergure. Comment a été l'expérience? Peux-tu nous parler un peu des thèmes explorés dans cette oeuvre?

J’ai adoré mon expérience. Pour moi, MURAL a marqué le début de ma carrière professionnelle. Je n’ai toujours pas eu besoin de retourner faire du 9 à 5 depuis.

La murale que j’ai réalisée pour l’édition 2017 était en phase avec la thématique des samouraïs que j’explorais beaucoup pendant cette période-là. Pour ce qui de l’interprétation qu’on doit en faire, je donne rarement de ligne directrice pour analyser mes œuvres. Je préfère laisser les spectateurs y donner le sens qu’ils veulent. C’est plus intéressant pour moi. J’aime entendre les gens parler de mes œuvres et arriver à des conclusions différentes.

C'est l'une de tes seules murales. Est-ce qu’on aura la chance d’en admirer davantage dans le futur?

Oui, c’est clairement l’un de mes objectifs. J’adore travailler en grand format et je crois que mes œuvres s’adaptent bien à cette échelle. J’attends juste des opportunités intéressantes. J’ai plein d’idées en attente. Alors, vous allez sûrement me voir souvent dans un skyjack l’été prochain.

Tu as un portfolio assez varié. Quel est le projet dont tu es le plus fier?

C’est dur à dire, je suis assez perfectionniste, alors j’ai besoin de recul pour apprécier ce que j’ai fait et en ressentir de la fierté.

Je pense que le projet dont je suis le plus fier serait probablement la collaboration que j’ai fait pour le lancement des Reebok Gore-Tex X Raised by wolves à la galerie The Letter Bet dans Saint-Henri. Pour l’événement, j’ai fait des œuvres inspirées des couleurs de ces sneakers. J’ai aussi construit les socles en bois pour présenter les souliers qui étaient gelés dans des blocs de glace.

J’ai une formation d’ébéniste alors mélanger le travail du bois et mon art était très agréable. On a aussi lancé un hoodie avec l’un de mes designs en édition limitée pour l’événement.

Y a-t-il des projets sur lesquels tu travailles en ce moment et dont tu peux nous parler?

J’explore beaucoup ces temps-ci. J’affine ma technique et je cherche de nouvelles idées pour pousser mon style plus loin. J’essaie d’être le plus unique possible et de développer mon propre univers.

Bref. Pour répondre à la question sans plus de détour, je travaille sur une nouvelle série de peintures et je commence à conceptualiser ma première exposition solo. C’est toujours au stade embryonnaire, mais je commence à sentir une direction s’imposer par elle-même dans mon travail.  

 

 

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