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Festival Mural

Visite de studio – Fvckrender

12 septembre 2018

Après avoir travaillé avec Fvckrender sur la scénographie de la scène principale du Festival MURAL 2018 et pour les MURAL Live Sessions, nous sommes partis à sa rencontre dans son studio pour en apprendre plus sur ses inspirations, son défi d’un rendu par jour et son passage du design 3D au VJing puis à la scénographie.

Peux tu te présenter en quelques mots?

 

 

Je fais du skate et du design 3D. En fait, je ne sais pas exactement ce que je fais, je fais tellement d’affaires différentes. Ça peut être des pochettes d’album, des visuels de shows, des publicités pour des compagnies, etc. Ça varie à tous les jours et c’est ça que j’aime.

Tu t’es lancé le défi de réaliser un rendu 3D par jour et tu as maintenant dépasser les 1 000 que tu souhaitais faire au début. Peux-tu nous en dire plus sur ce défi?

C’est de là que ma passion pour la 3D s’est vraiment développée. Ça m’a permi d’apprendre et de produire continuellement jusqu’à aujourd’hui. Ça fait partie de ma routine maintenant, c’est rendu comme de me brosser les dents. Ça fait maintenant 1 062 jours et je penses surement continuer jusqu’à temps que je meurs d’un cancer, je me vois mal arrêter! J’ai toujours 15 minutes dans ma journée, il n’y a personne qui n’a pas 15 minutes dans sa journée pour être créatif, il faut juste que tu prennes le temps.

 

Est ce qu’il y’a eu un moment où tu étais proche de craquer?

Non, je n’ai jamais manqué une journée. La seule fois où je me suis arrêté c’est quand j’ai atteint les 1 000 jours. J’étais censé m’arrêter là, donc j’ai pris une pause de 2 jours puis je me suis dit ‘’Fvck off, je vais continuer!” Ça ne m’est même jamais arrivé de tricher. Le défi que je me suis donné c’était de travailler et d’essayer à tous les jours, c’est ça qui m’a permis d’apprendre par moi-même avec une certaine auto-discipline. Mon seul professeur ça a été Youtube et la méthode de essai-erreur.

Est-ce que tu t’attendais à avoir autant de succès aussi rapidement?

Pas du tout, non. Tout ça a commencé quand je travaillais encore dans la restauration et ça m’occupe juste pour le fun pendant mon temps libre. Je m’étais aussi blessé à ce moment-là et je me suis lancé ce défi tout simplement pour passer le temps au début.

 

Quel est ton processus? Est-ce que tu pars d’une photo, d’un rendu que tu as déjà fait ou bien tout sort de ton imagination?

Souvent, je pars d’un canevas blanc et je me sers d’une inspiration, de quelque chose de mon quotidien. Ça m’arrive de prendre 3 choses que j’ai vu dans ma journée, puis je les fusionne ensemble. Par exemple, je prends une plante, un effet de réflexion de la lumière, une pierre et je crée un rendu a partir de ça. Sinon, ça m’arrive aussi de partir d’une sphère que je commence par sculpter avant de l’intégrer dans un environnement. Puis, je peaufine le tout  jusqu’à ce que je sois satisfait du résultat ou bien que je n’aie plus le temps. Ou encore, je vais me réveiller d’un rêve et me dire ‘’Oh shit ça serait sick de recréer ça en 3D’’.

Où est-ce que tu vas puiser ton inspiration pour créer tes visuels?

Avant, je m’inspirais beaucoup de ce que je voyais en ligne, mais ça saturait mes créations avec des éléments basiques et ça ne m’enlignait pas dans la direction que je voulais prendre. Puis, je me suis désabonné de tous les artistes 3D que je suivais sur Instagram pour suivre seulement des pages de chiens et de skate. Maintenant je m’inspire plus de ce que je vois dans la rue et des éléments de mon quotidien.

J’ai eu une grosse phase où j’étais à fond dans les mangas et les animés et régulièrement dans mes oeuvre j’essayais de créer un entre-deux. Je prends les environnements que tu pourrais retrouver dans les mangas, mais je leur donne une esthétique réaliste, voir surréelle.

J’aime aussi vraiment l’esthétique des chantiers de constructions. Ça peut paraître vraiment bizarre, mais j’aime ça depuis que je suis tout jeune. J’aime bien divaguer sur l’imaginaire des chantier; les outils, les machineries, les teintes de noir et de jaune. Je pense que les tracteurs Tonka avec lesquels je jouais étant petit ont vraiment marqué mon univers visuel actuel. Puis, plus grand j’allais souvent prendre des photos sur les terrains en construction. Je le fais même encore aujourd’hui!

 

Comment t’es venu l’envie de transposer tes créations digitales dans la réalité avec tous les projets de stage design et de VJing que tu accumules récemment?

Ça a commencé avec Boycott qui m’a introduit au VJing avec une soirée organisée par le collectif Moonshine où l’invité spécial était Kaytranada. Elle m’avait demandé de l’aider et ça m’a vraiment donné l’envie de continuer le VJing et de faire plus ce genre de projets par la suite. Je me suis intéressé à toutes les possibilités qui s’offraient à moi. Ça a vraiment été une révélation de voir toutes les idées que je pouvais créer derrière mon écran pouvaient prendre une toute autre dimension. Puis cette année j’ai lancé Fvckrender Studio avec mon ami Félix Poirier qui est plus manuel et qui connaît bien l’électricité et les normes de sécurité. On a monté le show de Joe Rocca ensemble. Depuis ça, on s’est allié pour tout ce qui est stage design jusqu’à présent.

 

Est-ce qu’il y a un projet qui t’as particulièrement marqué?

Encore à ce jour, je pense que c’est le 3D tour de Flying Lotus pour lequel j’ai créé des visuel 3D, en collaboration avec Strangeloop Studio. C’était vraiment un des projets les plus intéressant à conceptualiser même si ce n’était pas mon plus gros. Créer du contenu voué à être diffusé sur un écran 3D quand t’as pas l’équipement pour visualiser le rendu final à la maison c’était quand même un gros défi. Ça faisait pas longtemps que je faisait ça en plus à ce moment-là.

En ce qui concerne le projet de stage design sur lequel j’ai travaillé pour MURAL 2018, je me suis bien amusé avec des clôtures, de la chaîne et des néon, qui ont satisfait mon obsession pour les chantiers de construction. J’ai ensuite repris un peu le même concept pour les MURAL Live Sessions et repris certains des mêmes éléments pour le pop-up shop de Snails, dernièrement.

 

Quel est ton prochain défi?

Aller chercher un million d’abonnés avec Techno Steeve, la futur âme soeur de Lil Miquela. C’est un influenceur virtuel. Un dude de 37 ans qui se rend pas compte de son âge. Puis, il veut devenir le gars hot du nightlife à Montréal, mais il a de la misère parce qu’il vient pas de Montréal et il a de la misère à s’introduire au monde. Il fait des efforts pour travailler sur lui-même, bien s’habiller et être gentil avec tout le monde, mais je pense qu’il a un petit problème de respect.

Sinon, plus sérieusement, avec Fvckrender Studio on a des gros projets de stage design qui s’en viennent. J’ai de la chance d’avoir une bonne notoriété avec mon Instagram, donc il y a de plus en plus de personnes qui me contactent, et maintenant j’ai le luxe de pouvoir choisir mes projets et de m’orienter vers ce que j’aime.

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